Il y a peu de temps, ledit Langon était un obscur professeur seulement reconnu dans son milieu, un bourgeois quinquagénaire de droite, dont les écrits demeuraient confidentiels jusqu'à ce que son dernier essai lui ouvre les portes de la reconnaissance médiatique !

«La liberté est déjà un bien en soi, pensait-il, en user sans vergogne est une garantie d'épanouissement personnel. Celui qui se dérobe est voué à l'esclavage. »

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Plateaux télé et émissions de radios à gogo, critiques élogieuses, invitations mondaines diverses et variées jusque dans la patrie-mère de Milton Friedman, il est le penseur iconoclaste du moment, forcément lucide, incontestablement courageux, et nécessairement intrépide qui ose s'affranchir de la bien-pensance. Il est de ces dissidents... dont la présence médiatique est omnipotente !

« La pauvreté a un coût prohibitif pour la nation. Elle pèse à la fois sur les dépenses publiques et les recettes fiscales. Dès lors que les pauvres ont le sort qu'ils méritent puisqu'ils sont les principaux responsables de leur situation, laissons-les disparaitre naturellement. la société dans son ensemble ne s'en portera que mieux. Que les cœurs tendres se rassurent : il se trouvera toujours des âmes charitables et une légion de bénévoles pour les secourir, afin d'obtenir un siège au paradis ou plus prosaïquement de satisfaire un besoin vital de reconnaissance... »

Sa renommée médiatique, qui dépasse ses espérances, satisfait son égo surdimensionné. Elle lui permet surtout d'entrevoir des perspectives insoupçonnées, parmi lesquelles, de séduire une jeune beauté fatale... Gloire, amour et sexe !

«Les cathos, les cocos et maintenant les écolos ! Les êtres humains ont décidément besoin de suivre des guides (...) Ils s'inventent des culpabilisateurs pour n'avoir pas à user de leur liberté. A peine délivrés de leurs chaînes (...) ils se laissent embrigader par de nouveaux gourous. Aujourd'hui, c'est l'habit vert qui fait le moine soldat. Les fondamentalistes se l'arrachent. ... Après l'effondrement du communisme, les réglementateurs ont repris le pouvoir, grâce notamment au prétendu réchauffement climatique. Méfions-nous : l'air pur sent mauvais. Tous les totalitarismes sont nés dans les forêts avant de faire régner la terreur...»

Ce roman de Franck de Bondt, fort distrayant et étonnant, ancré dans le réel, porte un regard amusé et ironique sur la vie, en particulier sur le monde universitaire et médiatique.