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Ce livre est à bien des égards unique, ne serait-ce parce qu'il relate la vie peu commune d'un homme issu du peuple, Buenaventura Durruti, leader des forces anarchistes, militant exemplaire et acharné sur les continents américains et européens, luttant au péril de sa vie, condamné plusieurs fois à la peine capitale, et, finalement, disparu dans des conditions troublantes en pleine guerre d'Espagne.

Il décrit le contexte économique, social et politique, et surtout l'organisation et la montée en puissance de la F.A.I. et du C.N.T. qui constituèrent le mouvement politique le plus populaire dans une Espagne quasiment féodale où la pauvreté et l'injustice régnaient avec la complicité active de l'Église.

Le bref été de l'anarchie offre aussi un nouvel éclairage sur cette guerre si emblématique pour la gauche, en particulier, les rapports de forces internes au camps républicain, ses luttes fratricides, ses erreurs, ses trahisons, ses responsabilités mille fois débattus et toujours prenants. Mais surtout, il aborde la question, guère soulevée ailleurs, relative à la prise et à l'exercice du pouvoir qui se révéla un dilemme réellement insoluble pour le mouvement anarchiste.

« Ce qui est passé est passé. On ne fait pas deux fois la même révolution. »

Cette biographie historique qui dépasse la seule personne de Buenaventura Durruti, passionnante et haletante, se lit comme un roman. D'ailleurs, Hans Magnus Enzensberger la considère comme tel, une particularité parmi d'autres, dont celle de ne pas être écrite par son auteur, ou si peu...

A lire sans modération !