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L'autre jour, nous pensions être revenus en sarkozie en lisant cette annonce dans Le Monde :

« Les entreprises bénéficieraient d'un allègement du coût du travail d'une quarantaine de milliards d'euros, avec le basculement de cotisations employeurs sur un impôt plus large, la piste la plus sérieuse étant celle de la contribution sociale généralisée (CSG) ».

Baisser les charges sociales pour réduire le coût du travail est un axiome néo-libéral. Pour nos libéraux néo,socio ou écolo, le chômage, le manque de compétitivité des entreprises et in fine l'endettement public sont dus à des charges sociales trop élevées et au coût du travail exorbitant qui asphyxient l'entreprise et l'économie. De fausses affirmations qui ont la force de l'évidence (Les Echos et L'Expansion).

En critiquant cette mesure sarkoziste dans la limite des 140 signes sur Twitter, nous avons été vertement tancés :

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Par la suite, notre militant ou sympathisant a affirmé que la baisse du coût du travail sauverait des emplois dans l'artisanat, les coopératives et les PME. Pourquoi pas ? Mais, nous estimons que des mesures ciblées seraient plus efficaces économiquement et surtout plus justes socialement pour aider ces acteurs.

En effet, la mesure envisagée par le gouvernement Ayrault profitera essentiellement à l'oligarchie qui détient le capital. Les grandes entreprises ne créeront pas de nouveaux emplois, ni ne seront plus compétitives. Comme d'habitude, elle reverseront cette nouvelle manne à leurs dirigeants et à leurs actionnaires.

De plus, cette baisse du coût du travail accentuera davantage la répartition très inégalitaire des richesses au profit du Capital et au détriment du Travail comme l'ont si bien démontré Monique et Michel Pinçon-Charlot dans L'argent sans foi ni loi :

« Le prélèvement sur les fruits du "vrai" travail doit être financé par l'appauvrissement des "vrais" travailleurs. Il faut donc baisser le "coût" du travail, de ce qui est au principe de toute richesse, et réduire les déficits publics, c'est-à-dire rogner jusqu'à l'os la chair des services et des équipements qui permettaient une certaine redistribution de la richesse en faveur de ceux qui la produisent, jouer l'argent sur les tables de la finance permet aux parieurs de faire bombance sur le dos des classes dominées.».

C'est triste à pleurer alors que les socialistes et les environnementalistes ont tous les pouvoirs.

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Le PS a eu plus de 10 ans pour observer la "crise" et pour réfléchir à une politique alternative aux politiques austéritaires et inégalitaires qui ont été conduites par son prédécesseur et les gouvernements européens, et qui ont toutes échoué.

Et, pourtant, la bande austéritaire des Hollande, Ayrault et Duflot suit tête baissée la voie néo-libérale en préparant cette énième baisse du coût du travail après le plan de 30 milliards d'euros de rigueur budgétaire et l'imminente ratification du pacte budgétaire.

Sincèrement, nous espérons nous tromper, mais l'austérité favorisera la croissance... du chômage et de la dette publique contrairement aux objectifs affichés !

Et la régression sociale, probablement à l'issue de la conférence sociale sur «une meilleure sécurisation du travail». Belle trouvaille que cette formule "meilleure sécurisation du travail", digne de la novlangue libérale... N'annonce-telle pas un prochain accord minoritaire sur la flexibilité à outrance des salariés et à davantage d'insécurité sociale ?