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A l'heure du scandale Findus, cette citation du Manifesto permet de mesurer le niveau de lucidité de ses rédacteurs. Nous verrons plus loin que le texte est du même jus.

Le Manifesto ?

C'est le programme de la social-démocratie européenne aux élections européennes de 2009 ! Pensé et rédigé par des gens très très très très compétents. Et expérimentés. Et surtout de gauche ! Garanti sans viande de cheval ? Excusez, la mauvaise plaisanterie.

A propos de « nos succès sur la sécurité alimentaire », nous ne savons pas si les ex candidats socialistes aux dernières élections européennes et présentement ministres, à savoir les sieurs le Foll et Hamon, avaient en tête la phrase susvisée extraite de la sainte bible du socialisme néolibéral.

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Toujours est-il qu'ils étaient pathétiques et grotesques en s'exprimant sur le scandale Findus ! Ils promettent d'intensifier les contrôles et d'assurer une meilleure traçabilité... sans doute grâce à la RGPP, qui supprimera encore cette année des postes de fonctionnaires dans les services de l'État (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) chargés d'assurer un tel service public !

Faire plus et mieux avec moins de personnels, voilà qui devrait ravir le médiatique président de la Cour des Comptes ! Ce socialiste nommé par Sarkozy qui a l'obsession de la dette publique n'évoque jamais la légitimité de la dette publique, ni les conséquences sociales, écologiques et économiques des politiques austéritaires. Et pourtant, il lui suffirait de s'intéresser à la Grèce avant de réclamer des coupes budgétaires dans les dépenses publiques au nom de la règle d'or.

Un article du Guardian publié dans Okleanews montre combien la Grèce subit une crise humanitaire :

« Les normes de l'Union Européenne concernant la pauvreté montrent que la Grèce est en crise. Mais les États membres ne veulent pas admettre que c'est leur «plan de sauvetage» qui est à blâmer.»

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Il faut souligner que le Parti socialiste grec [1], seul ou associé à la droite et à l'extrême droite, amputa de 25 % le budget de la santé et supprima la couverture universelle et gratuite. Il privatisa à gogo. Il réduisit d'au moins 10 % en moyenne les salaires. Il licencia également les fonctionnaires. Il augmenta de 20 % des taxes sur l’alcool, le tabac et l’essence. Cette liste n'est pas exhaustive !

Pour accomplir cette politique de régression sociale digne des plans d'ajustement imposés par le FMI sur d'autres continents, les socialistes grecs purent compter sur le soutien sans faille de la social-démocratie européenne dont le Manifesto affirmait cyniquement :

« Nous proposons d’établir un cadre européen pour les services publics, qui garantira aux citoyens le droit d’accès universel et égal à ces services, la qualité, l’autonomie locale et la transparence des services publics. »

De plans de sauvetage en plans de sauvetage et de mémorandums en mémorandums se soigner est devenu un luxe en Grèce :

« une pauvreté croissante, l'inégalité accrue dans l'éducation et la protection sociale, et le manque d'accès aux services sociaux. Des indicateurs particulièrement importants sont la perte de l'accès aux services de santé de base, aux examens médicaux, à l'hospitalisation et aux médicaments.(...) la proportion de bénéficiaires grecs des services médicaux des ONG dans certains centres urbains a enregistré 60% du total en 2012. Cela aurait été impensable il y a trois ans, puisque ces services sont généralement fournis aux immigrants, et pas aux Grecs»

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Manger et se chauffer correctement sont devenus un luxe :

« Un peu plus de 11% vivent dans une «privation matérielle extrême», ce qui signifie sans chauffage suffisant, sans électricité, ni soit d'une voiture ou d'un téléphone. Cela signifie aussi avoir une alimentation pauvre, dépourvu de viande ou de poisson sur une base hebdomadaire, ainsi que l'incapacité totale ou partielle de faire face aux dépenses d'urgence ou des paiements pour le loyer et les factures. (...) il y a eu une croissance explosive dans les soupes populaires et la distribution générale de vivres. Même si rien n'est officiellement enregistré, l'Église de Grèce distribue environ 250 000 rations quotidiennes, alors qu'il y a un nombre inconnu de rations distribuées par les autorités municipales et les ONG. »

Se loger est un luxe :

« le nombre de personnes sans-abri a atteint des niveaux sans précédent pour un pays européen: des estimations non officielles indiquent un nombre de 40.000.»

Et pour ceux qui douteraient de la gravité de cette crise humanitaire, l'auteur de l'article produit cette information terrible censurée par nos médias dominants :

« Par un ordre récent du gouvernement, les rations municipales seront encore élargies en raison de l'incidence croissante de l'évanouissement des enfants à l'école en raison de l'apport calorique trop faible. Il y aura également des repas légers offerts aux jeunes étudiants. »

Il parait qu'en Espagne et au Portugal, pays presque aussi avancés dans l'austérité néolibérale (oups pléonasme !), la situation n'est guère plus brillante !

Après ces faits, on a du mal à croire qu'en décembre dernier à Oslo François Hollande ait pu dire ceci :

« La crise de la zone euro, je l'ai déjà dit, elle est derrière nous. »

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Mais, on comprend mieux sa politique austéritaire...

Note

[1] contrairement à ce que certains affirment, le PASOK n'est pas un parti socialiste exotique. Papandreou, un de ses dirigeants et ancien Premier ministre est d'ailleurs le président de l'Internationale socialiste