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C'est ce qu'a dû se dire la tripoté de gens importants, quelques parlementaires UMP (Balkani, Santini), UDI (Sauvadet) et PS (Saugues) et le numéro 3 de l'administration des Douanes, qui a été invitée à déjeuner par British American Tobacco (BAT), un géant de l'e dustrie du tabac. Une petite gâterie qui coûté la bagatelle de 10.000 euros...

Etait-ce une opération de lobbying au moment où il est question d'augmenter le prix du tabac et de lancer un nouveau plan de santé ?

Pas du tout pipeautent en cœur la représentante de BAT et la député solférinienne ! Pour preuve de son incorruptibilité, cette dernière affirme voter systématiquement les hausses de prix du tabac. [1]

L'argument massue de cette députée est un bel enfumage qui masque deux éléments importants :

  • L'industrie du tabac bénéficie d'une fiscalité généreuse dont le manque à gagner pour l'Etat est estimé à 300 millions d'euros. [2] . Aussi, l'avenir nous dira si ces parlementaires qui se sont régalés gratis feront des propositions pour modifier ladite fiscalité...
  • Ce déjeuner contreviendrait "avec la convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé sur la lutte antitabac, que la France a ratifiée, et qui stipule que « l'État doit veiller à ce que les politiques ne soient pas influencés par les intérêts de l'industrie du tabac »". [3] Bonjour l'exemplarité des élus...

Pourquoi offrir un déjeuner ? Pour services rendus ? Pour services à venir ? Pour bénéficier d'une certaine complaisance ? Pour discuter d'égal à égal ???

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En l'espèce, le risque de conflit d'intérêts, entre l'intérêt particulier de BAT et l'intérêt général a priori défendu par les parlementaires et les hauts fonctionnaires, et le risque de corruption sont pourtant patents.

Et pourtant, cet événement n'a guère été médiatisé et les convives n'ont fait l'objet d'aucun avertissement de la part des autorités de la République !

C'est dire si l'idéologie néo-libérale qui favorise la confusion des intérêts en privilégiant systématiquement les intérêts privés au détriment du bien commun de l'Etat, a intoxiqué la société au plus haut niveau.

La Constitution du 4 octobre 1958 favorise de telles dérives en permettant la formation d'une caste de privilégiés élus à vie grâce au cumul des mandats qui est susceptible de prendre de mauvaises habitudes en oubliant ses missions parlementaires. Elle ne prémunit pas la République de tels comportements déviants de l'intérêt général.

Décidément, la Cinquième République ne protège pas des dangers qui menacent l'intérêt général et le bien commun des citoyen-ne-s.

Vite une constituante pour la Sixième République !

Notes

[1] BAT a loué une loge pour plus de 50.000 euros à Roland-Garros, et invité des membres du cabinet des ministres de l'Intérieur et de l’Économie...

[2] JDD : L’État "accro" au tabac

[3] La Tribune : Lobbying : ce déjeuner d'élus à 10.000 euros (aux frais d'un fabricant de cigarettes) qui dérange