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Mais après tout, il ne faut pas être dogmatique : les magasins font une bonne partie de leur chiffre d'affaires en fin d'année et les bénéfices sont nécessaires aux investissements et au versement des salaires... si on fait abstraction de la mauvaise redistribution des bénéfices dans chaque entreprise.

Aussi, pourrait-on considérer ces deux mois comme une exception à la règle qui impose le dimanche comme jour commun chômé pour tous, hormis les acteurs des secteurs vitaux ou traditionnels. Et qu'en dehors de cette période, il est tout aussi vital que les salariés puissent avoir des loisirs, du repos, l'opportunité de se retrouver avec ses proches, famille, amis, bénévoles d'une association...

Et par conséquent, il serait essentiel de prendre une décision sociale et écologique contre le système capitaliste, productiviste et consumériste, à bout de souffle avec son cortège de chômage, de misères, d'inégalités sociales, de souffrances, de gaspillage des ressources naturelles et de pollution. De changer de paradigme en mettant en œuvre les moyens d'y parvenir puisque le capitalisme dérive sans cesse vers l'appropriation quasi exclusive des richesses par une poignée d'oligarques et conduit l'Humanité dans le mur en raison de la raréfaction des ressources naturelles et de leur exploitation polluante.

Or, l'action du gouvernement s'oppose à cette orientation.

En guise de cadeau de fin d'année au patronat, le gouvernement a publié le décret n° 2013-1306 du 30 décembre 2013 portant inscription temporaire des établissements de commerce de détail du bricolage sur la liste des établissements pouvant déroger à la règle du repos dominical.

Ainsi, l'article 1er du décret précité élargit le champ d'application de l'article R3132-5 du code du travail en incluant les enseignes de bricolage aux industries et aux activités qui dérogent au repos dominical. La lecture de cet article révèle d'ailleurs à la fois la dimension arbitraire des exceptions au repos dominical et la banalisation progressive du travail dominical.

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Ce décret marque une nouvelle concession gouvernementale au patronat après des manifestations bidons financées et organisées par les enseignes de bricolage, mises en scène par des boites de communication et relayées par les médias dominants. D'ailleurs, les ministres Sapin et Pinel le disent eux-mêmes à mots couverts :

« Cette dérogation vise à apporter, à titre transitoire, un cadre juridique stable pour les ouvertures dominicales constatées dans ce secteur dans l’attente d’une refonte globale. »

En l'espèce, j'attendais d'un gouvernement qui se dit de gauche le choix de l'abrogation de la réglementation qui favorisait certaines enseignes en raison de leur classement dans les activité de jardinage ou de leur localisation dans une PUCE...

Par ailleurs, ce nouveau recul est enrobé d'une promesse hypocrite :

« Les partenaires sociaux de la branche du bricolage engageront donc le 9 janvier prochain des négociations en vue de la conclusion d'un accord fixant les contreparties pour les salariés et les engagements en termes d'emploi auxquels les enseignes concernées auront souscrit. (...) Les enseignes s'engagent - dès aujourd'hui dans l'attente des conclusions de la négociation - sur des garanties pour les salariés travaillant le dimanche: seuls les salariés volontaires travailleront le dimanche, doublement au minimum de la rémunération, attribution d'un repos compensateur, engagements en termes d'emploi et d'accès à la formation »

En clair, le gouvernement a créé un rapport de forces défavorable aux syndicats qui se battent contre la banalisation du travail dominical : le décret susvisé satisfait les vieilles revendications du patronat avant même le début des négociations ! Bref, le PS et EELV comptent officiellement sur la bonne volonté du patronat... à l'instar des promesses de régulation sur les parachutes en or, les retraites dorées et de la modération des rémunérations des dirigeants des entreprises du CAC 40 !

Avec une telle méthode de gouvernement, les accords de Matignon n'auraient jamais vu le jour...