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Président Ubu :

Ventrebleu, de par ma chandelle verte, les caisses de l'Etat sont vides !

Le ministre des phynances

Bougre de con, la pompe à phynances est à sec !

Les éditocrates :

Sapristi, mais que comptez-vous faire ?

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, nous allons poursuivre la même politique !

Le ministre des phynances

Cornegidouille, c'est la seule politique possible d'après le FMI, la Banque mondiale, l'OCDE, les médias dominants, le forum de Davos, la BCE, le G20, le MEDEF, l'UMP, le MoDem, le FN et le PS !

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, nous maintenons le cap tracé depuis 1983 par Jacques Delors !

Les éditocrates :

Sapristi, ne pourriez-vous pas innover en imposant à la banque centrale de prêter directement à l’État plutôt qu'aux banques privées ?

Le ministre des phynances :

Cornegidouille, nous n'allons pas rompre avec la logique de 1973 et la loi Pompidou dite loi VGE dite loi Rothschild, l’aïeul du propriétaire du journal Libération, indépendant, objectif et à gauche !

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, les banquiers ne pourraient plus prêter à l’État ni spéculer sur la dette publique !

Le ministre des phynances :

Vrout merdre, c'est l'évidence, nos amis de la finance ne pourraient plus réaliser de coquets profits ! Que deviendrait le capitalisme ?

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, quand la finance va tout va !

Les éditocrates :

Merdre, vous dites vrai, sans la finance nos médias objectifs et indépendants, pluralistes et neutres auraient mis la clé sous la porte malgré vos généreux subsides publics...

Le ministre des phynances :

Cornegidouille, comme dit président Ubu, la finance n'a pas de nom !

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, Moi candidat, j'ai enfumé les électeurs avec cette formule géniale !

Le ministre des phynances :

Merdre, la politique de l'offre devrait essorer peuple et gaver la finance, comme convenu !'

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Les éditocrates :

Sapristi, vous pourriez combattre l'évasion fiscale qui coûte près de 80 milliards d'euros par an...

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, j'y ai bien pensé mais il faudrait durcir la législation, recruter de nouveaux fonctionnaires, perdre la confiance des marchés financiers et contrarier nos pays frères de l'Union européenne. Sans compter les risques de conflit avec les paradis fiscaux !

Le ministre des phynances :

Cornegidouille, c'est ruineux ! Je préfère communiquer sur l'esprit républicain pour inciter nos compatriotes à payer leurs impôts.

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, nous allons récupérer plus d'un milliard d'euros des fraudeurs fiscaux, c'est un succès sans précédent !

Les éditocrates :

Peut-être faudrait-il augmenter les impôts pour les plus riches qui n'ont jamais été aussi peu imposés...

Le ministre des phynances :

Merdre, vous êtes inconscients ou bolcheviks ? Ou les deux !

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, seriez-vous des journalistes de L'Humanité, du Monde Diplomatique, de Fakir ou de Politis pour oser proférer de telles absurdités ?

Le ministre des phynances :

Merdre, trop d'impôts tue l'impôt, c'est bien connu, voyons !

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, vous allez faire fuir les héritiers !

Le ministre des phynances :

Merdre, nos amis gèrent naturellement bien leurs entreprises dans un esprit compétitif et citoyen. Tout le mérite en revient de notre reproduction sociale qui assure la pérennité des classes possédantes et laborieuses dans un esprit de justice sociale...

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, ce serait une atteinte aux droits de l'Homme de riche et de l'oligarque que de le priver de son train de vie par une trop forte imposition !

Le ministre des phynances :

Merdre, je ne veux pas être harcelé par Amnesty International, j'ai déjà le Front de gauche et la CGT, FO, SUD...

Président Ubu :

Saperlipopette, nous garantissons discrètement les droits fondamentaux de l'oligarchie à s'enrichir en créant par exemple la niche fiscale Duflot...

Le ministre des phynances :

Merdre, et ceux des entreprises avec l'ANI, et les pactes de responsabilité et de simplification !

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Les éditocrates :

Pour réduire la dette publique, vous pourriez laisser filer l'inflation en augmentant les bas salaires et les minimas sociaux pour aider la consommation et relancer l'activité économique !

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, plus d'activité économique permettrait d'inverser la courbe du chômage et d'accroitre nos recettes fiscales mais ce serait contre-productif !

Le ministre des phynances :

Cornegidouille, ça ne profiterait qu'au peuple au détriment de la rente et de la finance !

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, c'est la règle d'or...

Le ministre des phynances :

Cornegidouille, anéantir l'inflation est une question d'honneur national ! Nous y arrivons depuis plus de trente ans ! Ubu ne sera pas le président de l'inflation !

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Les éditocrates :

Et si vous décidiez d'un moratoire dans l'attente des conclusions d'un audit citoyen de la dette publique...?

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, vous êtes tombés sur la tête !

Les éditocrates :

Pour déterminer dans quelles proportions la dette est légitime, illégitime ou odieuse, voyez-v...[1]

Le ministre des phynances :

Cornegidouille, mais la dette est forcément légitime !

Président Ubu :

Bougre d'imbéciles, la dette est légitime puisque c'est la finance et l'oligarchie qui prêtent les sous que l'Etat leur octroie pour financer les grands projets inutiles, le crédit d'impôts de 20 milliards aux entreprises, les niches fiscales et les baisses de charges des entreprises !

Le ministre des phynances :

Cornegidouille, la France n'a pas les moyens d'imposer un moratoire, c'est pure folie que de l'envisager !

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, nous ne sommes pas des sud-américains à moitié indien !

Le ministre des phynances :

Merdre, je dirais même mieux, nous ne sommes pas aussi incompétents que ces équatoriens qui ont attaqué la finance en ne payant pas rubis sur ongle l'intégralité de leur dette ! [2]

Président Ubu :

De par ma chandelle verte, nous sommes européens, français, blancs, énarques, civilisés, cultivés et compétents ! [3]

Le ministre des phynances :

Cornegidouille, tous ces pléonasmes doivent rester entre nous pour ne pas choquer la bien-pensance et provoquer les gardes du politiquement correct !

Président Ubu :

De par ma chandelle écologique, Moi Ubu, je serais le 1er chef d'Etat de l'Histoire de France à rembourser intégralement la dette !

Le ministre des phynances :

Cornegidouille, cet objectif est conforme aux intérêts du Capital !

Président Ubu :

De par ma chandelle écologique, je respecte scrupuleusement les directives de l'Union européenne !

Le ministre des phynances :

Merdre, ainsi soit-il !

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