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La démonstration est faite par l'application de la loi Macron quant à la banalisation du travail dominical. Figurez-vous que les Galeries Lafayette pourront ouvrir leurs portes le dimanche après la décision de la Cour de cassation.

L'accord d'entreprise qui a été signé par deux organisations "syndicales" pesant près 37,9% des voix aux élections professionnelles, s'appliquera à tout le personnel malgré l'opposition de de la CGT, de FO et du SCID qui, elles, ont recueilli plus de 50 % des voix.

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En effet dans cette histoire, le premier rôle revient à la CFDT, plus précisément aux instances dirigeantes de la confédération. Cette dernière s'est non seulement opposée au syndicat d'entreprise de la CFDT aux Galeries Lafayette, mais lui a également ôté le droit de porter son sigle. L'ex syndicat d'entreprise CFDT n'a eu d'autre choix que de prendre son indépendance en se refondant sous le sigle SCID.

Au final, l'intervention des hautes instances dirigeantes de la CFDT a eu deux conséquences : l'une pour l'ex syndicat CFDT d'entreprise qui a perdu, pour l'instant, sa représentativité, et l'autre d'ôter au bloc syndical opposé à l'accord d'entreprise les 50 % de représentativité indispensables pour bloquer l'accord. Les grands perdants de cette manoeuvre stalinienne sont les salariés qui devront bosser le dimanche alors qu'ils avaient majoritairement élu des collègues syndicalistes opposés au travail dominical !

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Ce fait très concret et très récent laisse songeur. Imaginez-le dans le contexte de l'application de la loi El Khomri : dans l'entreprise X, le syndicat d'entreprise CFDT représente 20 % des voix. L'accord d'entreprise proposé par le patron prévoit un retour à la semaine de 40 heures avec la possibilité de semaines de 60 heures sans augmentation de salaires. Les syndicats signataires sont minoritaires. La section CFDT d'entreprise s'oppose à cet accord avec la CGT, FO et Solidaires. Grâce au poids du syndicat d'entreprise CFDT, le bloc syndical opposé à l'accord pèse près de 55 %.

Par conséquent, l'accord d'entreprise n'est pas applicable, les salariés respirent, mais pas très longtemps... Parce que voilà, le big cheef de la CFDT, Laurent Berger, dans sa tour de Belleville estime que la CFDT doit signer cet accord, comment dire, porteur d'espoirs ! A votre avis que fera-t-il ? Le syndicat CFDT de l'entreprise X subira le même sort que celui des Galeries Lafayette, l'opposition syndicale à l'accord pèsera moins de 50 % de représentativité et les salariés de l'entreprise X devront subir la loi du patron : merci la confédération CFDT ! Et, les médias salueront un dialogue social moderne et performant...

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Alors camarades travailleurs, vous pensez que la CFDT défendra vos intérêts et ceux de vos proches quand il s'agira de négocier un accord dans votre entreprise [1] ?

La réponse est probablement positive pour les syndiqués et les élus CFDT de votre boite : ils connaissent aussi bien la réalité du boulot que vous, ce sont vos collègues... Mais en dernier ressort, c'est la très démocratique confédération qui tranchera unilatéralement parce les apparatchiks du siège ne savent même plus ce que signifie travailler en dehors du cocon douillet du siège syndical. De surcroît, les intérêts qu'ils défendent ne correspondent pas exactement aux vôtres : certains rêvent d'un poste dans un cabinet ministériel, d'autres d'un placard doré de la République, et certaines de monter leur propre boite avec l'aide désintéressée du MEDEF.

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Bref, avec la CFDT et la loi El Khomri, la vie va changer, et ce n'est pas Camba qui me contredira !

Note

[1] accord qui s'imposera aux accords de branche et au code du travail