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Candidat autoproclamé, débarqué de l'Elysée et du ministère de l'économie, son bilan au pouvoir se caractérise par la poursuite des politiques néolibérales conduites par ses prédécesseurs de droite classique (UMP) et de deuxième droite (PS) avec une loi éponyme fourre-tout qui porte le sceau de la régression sociale et écologique, et celui de l'autoritarisme du 49-3.

Aussi, son œuvre politique est d'une banalité et d'un anachronisme consternants.

Précédemment, il pratiqua ce qu'on nomme le pantouflage. En l'occurrence, certains hauts fonctionnaires, à peine la réussite au concours de l'ENA, ont en tête de migrer dans le secteur privé, ce qui peut les amener à une pratique professionnelle qui ne présente pas toutes les garanties pour l'intérêt général. Ces oligarques en devenir n'ont pas intérêt à être trop incommodants vis-à-vis de leurs futurs employeurs. A ce propos, Le livre noir des banques révèle des plans de carrière qui permettent aux plus mauvais d'entre eux de multiplier leurs revenus au moins par dix en quittant le service public.

Aussi, après quelques années en qualité d'inspecteur des finances, Macron a fait fortune à la banque Rothschild. Grosso modo, c'est un trader qui a réussi.

Par ailleurs, la créature Macron est devenue rapidement un objet médiatique qui a échappé à son créateur - Hollande - et l'a tué politiquement.

En fait, Macron est surtout la créature du patronat et de la finance, lesquels ont à leur disposition près de 90 % des médias.

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Aussi, on ne compte plus les publi-reportages et les Unes plus hagiographiques les uns que les autres sur lui et son couple.

La créature Macron profite du buzzz médiatique - genre lavage des cerveaux - pour séduire une partie de l'opinion se faisant berner par un discours "ni gauche ni droite", mille fois entendu, creux et vague pour habiller ou travestir un programme digne de Margaret Thatcher, et antédiluvien, tant l'urgence écologique brille par son absence ou son mépris - à l'instar de sa loi quant aux bus et au travail dominical.

Hormis ses généreux donateurs de la City - une bonne dizaine de millions d'euros récoltés en un week-end - et son fan club, il séduit des personnes qui gobent ses promesses sans mesurer leur dangerosité.

Par exemple, sa promesse du remboursement à 100 % de l'optique et des soins dentaires est très séduisante, sauf qu'elle est synonyme de privatisation de la sécurité sociale et de protection sociale selon les moyens de chacun. Vous pensez vraiment que le soutien de Claude Bébéar - parrain du capitalisme français et ex patron d'AXA - qui lui a prêté des locaux, via son Institut Montaigne, est totalement désintéressé ?

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En l'espèce, Macron incarne l'ordre social qui a été dépossédé de la santé, de l'éducation et des secteurs où la puissance publique s'oppose au système capitaliste. Briser les tabous ne cesse-t-il d'affirmer en se faisant le chantre l’anti-système ? Quelle mauvaise blague ! Tout ce qu'il a déjà entrepris et propose ne visent qu'à renforcer cet ordre social dont il n'est qu'un serviteur parmi d'aéutres.

Ceci dit, sa candidature risque de se dégonfler à mesure que la campagne va s'intensifier, à l'instar de celles de Bayrou ou de Balladur, anciennes coqueluches des médias du CAC 40 et des naïfs.

Mais, toujours est-il qu'il piquera des voix à Fillon, à l'héritière Le Pen et au candidat qui sortira de la primaire du PS.

Et in fine, la créature Macron pourrait être profitable à Mélenchon.