Désormais, on connait le résultat économique de cette belle victoire idéologique... On connaissait déjà le résultat social du néo-libéralisme : casse du service public, privatisation rampante de la sécu avec les franchises médicales, mise au ban de la société des chômeurs, paquet fiscal, bouclier fiscal, nouvelle carte judiciaire, annualisation du travail des salariés, 235 jours à 282 jours de travail par an pour les cadres, fin des 35 heures, privatisations de GDF et EDF, baisse du pouvoir d'achat...

A tel point qu'un ex- hiérarque du medef, Denis Kessler ne pouvait cacher sa joie :

Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie.

Et pour ceux qui n'ont pas compris, Kessler ajoutait :

Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

Plus d'un an après l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, on commence à se rendre compte qu'une telle politique est désastreuse économiquement. Certes, la crise est internationale. Elle est d'ailleurs le produit des politiques néo-libérales qui ont détruit tous les moyens de réguler l'économie. Mais, il n'empêche, la France a mal à son économie.

En donnant des privilèges fiscaux aux plus riches et aux entreprises, en cassant la solidarité nationale, en démotivant les salariés et les cadres, en privilégiant les revenus du capital au détriment de ceux du travail, on s'aperçoit que l'économie de la France est très très fragile. Au moindre soubressaut, elle déraille.

Par conséquent, Fillon va poursuivre sa politique... Belle réussite et belles perspectives à l'avenir !

Pour la première fois depuis 2003, les créations d'emplois sont moins importantes que les pertes d'emplois. A ce tableau, ajoutons un PIB en recul de 0,4% au deuxième semestre, une balance du commerce extérieur déficitaire, l'inflation des prix des produits de première nécessité. La croissance à 2,5% prévue par Lagarde ne sera pas tenue.

La France risque de connaitre la récession économique : belle victoire idéologique de la droite, non ?

Mais pour Fillon, tout va très bien :

"Il n'est pas raisonnable de parler de récession" et l'année 2008 sera celle d'une "croissance positive."

Croissance positive ? Ça dépend pour qui !

On a l'impression que Sarkozy, Fillon and co prennent leurs fantasmes pour la réalité. Décidément, ils ne vivent pas dans le même monde que "la France d'en bas"...

Et puisque le petit bout de la lorgnette est parfois révélateur, le Canard Enchainé et Bakchich rapportaient dernièrement que Fillon avait changé le chef cuisto de Matignon : voilà une réforme qui était prioritaire et essentielle pour améliorer la vie quotidienne des Français !