couacs en série en sarkozie

un léger décalage...

Billet

Le remaniement ministériel qui se profile à l'approche des élections européennes est l'occasion pour la droite de retrouver un second souffle.

FRANCE-GOVERNMENT/FILLON Qui aurait pu pronostiqué l'usure du pouvoir lorsque le 7 juin dernier, dans une réunion de l'UMP devant les caciques du parti et Manuel Barroso, notre omniprésident déclarait :

"désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit".

Ce mépris affiché pour ceux qui luttent symbolisait la victoire idéologique d'une droite sans complexe, fer de lance du Mefef, qui allait de victoire en victoire, de la franchise médicale à la retraite à 70 ans, en passant par la TEPA et le paquet fiscal.

Et puis, le krach boursier est arrivé. Annoncé d'ailleurs depuis des années, mais jamais pris au sérieux par les tenants du discours dominant. D'un seul coup d'un seul, les médias traditionnels se voyaient contraints de rendre compte des folies engendrées par le capitalisme financier et sa mondialisation néo-libérale : délinquance à tous les étages, désastre écologique, social et économique.

Notre omniprésident faisait le tour du monde, brassant beaucoup d'air et d'argent. 360 milliards d'euros pour les principales fautives, c'est-à-dire les banques, une vingtaine pour relancer l'activité économique, et que dalle pour les salariés, les chômeurs et les retraités... Aujourd'hui, on ne compte plus les salariés mis au chômage technique et les sous-traitants qui mettent la clé sous la porte, ni les plans de licenciements...

De surcroit, l'Europe qu'il présidait montrait son incapacité à agir collectivement, prise en étau entre ses pratiques habituelles et la crise qui l'obligeait à ne pas respecter sa propre législation d'inspiration néo-libérale... Sans parler des paradis fiscaux...

En fin de compte, il est apparu que la droite vivait dans sa bulle idéologique en ne tirant pas les leçons de cette crise, toute occupée à continuer une politique néo-libérale au profit du seul capital... Aussi, fin 2008, l'état de grâce du pouvoir s'achevait.

1er couac : la banalisation du travail le dimanche, bien entendu sur la base du volontariat des salariés... mal payés. cette réforme emblématique est bloquée depuis décembre 2008 grâce à l'opposition de la gauche et surtout des parlementaires dissidents de l'UMP et du Nouveau centre...

2ème couac : la réforme de l'audiovisuel public. Alors que Sarkozy espérait, à l'issue de sa réforme, nommer et révoquer unilatéralement les PDG de france Télévision et de Radio France, le Sénat a introduit une disposition selon laquelle la révocation devra être approuvée par une majorité des 3/5 des membres de la commission des Affaires culturelles du Sénat et de l'Assemblée, après avis conforme du CSA. Autrement dit, la menace du pouvoir exécutif sur l'information délivrée par les médias publics n'existe quasiment plus.

3ème couac : les luttes sociales payent. Dès décembre, les lycéens ont été les 1ers à faire reculer le gouvernement Fillon. Après trois semaines de grève, les cheminots de Saint-Lazare ont obtenu l'essentiel de leurs [revendications |http://www.leparisien.fr/economie/les-concessions-de-la-sncf-14-01-2009-372218.php]. Des signes encourageants pour le 29 janvier prochain.

4ème couac : Tarnac ou l'ultra gauche tendance anarcho-autonome. Le plan média de la droite pour désigner des présumés coupables de sabotages sur les lignes de la SNCF, ressemble à un très mauvais sketch. Il a néanmoins permis de montrer que nos libertés sont susceptibles d'être menacées au nom de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme.

5ème couac : l'hôpital public. Les décès survenus accidentellement démontrent que l'hôpital public est malade d'une politique néo-libérale qui ne lui permet plus de faire remplir normalement et de façon sécurisée ses obligations. C'est d'ailleurs tout le système de santé publique qui est fragilisé.

6ème couac : le livret A. Parmi les mesures sociales en directions couches sociales populaires, n'oublions pas la baisse prochaine du taux de rémunération du livret A. En cette période, il était urgent que l'exécutif intervienne ! Pensez donc cher ami, on ne pouvait décemment laisser l'épargne des pauvres à 4 % alors que nos amis rentiers ont vu leurs actions s'effondrer à la bourse !". Ainsi donc, le taux devrait être ramené à 2 ou 2,5 %...

Remaniement ou pas, les mois s'annoncent difficiles pour notre omniprésident, hélas beaucoup moins que la majorité de nos concitoyens...

PS : petit aparté sur la retraite de Michel Rocard. Si cet homme de gauche a mené une action remarquable à Matignon pour la paix en Nouvelle Calédonie et pour la défense des logiciels libres au parlement européen, n'oublions sous le concert de louanges qu'il symbolise également une certaine défaite idéologique et l'imprégnation par la gauche des idées néo-libérales, notamment avec la réforme des PTT qui a permis la privatisation de France Télécom, et celle à venir de La Poste...

Commentaires

1. Le vendredi 16 janvier 2009, 10:22 par fred de roux

Pas de doute : voilà un résumé fort clair qui remet en mémoire ces couacs successifs (pour ceux qui auraient osé les oublier) dans leur chronologie.
Et dire qu'il y en aura d'autres, de ces couacs qui font la gloire du sauveur du pays.

2. Le vendredi 16 janvier 2009, 13:42 par Etiam Rides

Malheureusement, le mouvement d'humeur du sénat débouchera au mieux sur une bataille en commission mixte paritaire. Mais comme l'Assemblée nationale a le dernier mot en ces matières.

A une plus petite échelle, on aurait pu mentionner la nomination de Nathalie Kosciusko-Morizet où elle se retrouve en situation de conflits d'intérêts de par les fonctions de son frère.

Enfin, le plus gros couac à venir réside dans la tentative éhontée du moulin à vent présidentiel de mettre au pas le pouvoir judiciaire en supprimant l'instruction...

3. Le vendredi 16 janvier 2009, 17:43 par Etiam Rides

En attendant, les chômeurs sont toujours la priorité du gouvernement:

http://www.lemonde.fr/web/depeches/...

4. Le vendredi 16 janvier 2009, 20:25 par patrick

"second" ne suppose pas de troisième sinon on dit "deuxième" du moins je crois, la bête est moribonde, lâchez les chiens ou Boutin, c'est pareil.

5. Le vendredi 16 janvier 2009, 23:54 par Rébus

Intéressant ton lien Etiam. Faudrait faire du bruit autour de ces fermetures d'agences

6. Le mardi 20 janvier 2009, 08:35 par pas perdus

Merci Fred.
Etiam, je crains qu'il réussisse sa tentative pour dompter la justice...
Il est vrai Patrick qu'il y a une subtilité entre les deux...