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Le Testament est un témoignage sur les derniers mois d'un officier allemand, ni nazi, ni passionné par la chose militaire, en butte à sa hiérarchie, en particulier à son supérieur direct, un prussien fanatique du régime hitlérien.

Jusqu'au départ des côtes normandes, l'ennui, le sentiment d'inutilité, et l'impression de vivre quelque chose d'irréelle dominent à tel point que le récit rappelle un balcon en forêt (julien Gracq) Ensuite, la débâcle sur le Front de l'est permet à H. Böll de dire tout son dégoût de l'esprit guerrier, des actes héroïques inutiles, de la bêtise humaine et du fanatisme patriotique.

« Tout pouvoir, en ce monde, est diabolique et tout changement de pouvoir n'est que relatif...»

Croix sans amour décrit l'opposition muette entre deux frères au sein d'une famille catholique pratiquante, et l'impuissance d'une mère emplie d'amour et de foi. L'un est un patriote fervent, nazi de la première heure, et l'autre croyant, résistant de manière passive et isolée.

Tout au long du récit, Böll décrit les remords du cadet qui a conscience de son erreur en ayant cru au national-socialisme et fourvoyé en envoyant un ami en prison. L’aîné quant à lui ne va guère mieux malgré l'amour d'une femme. D'une part, il doute de sa foi tout en se raccrochant à elle, et d'autre part, il sait surtout qu'il combat du mauvais côté puisque l'enfer sur terre cessera quand l'Allemagne déposera les armes.

Deux romans tragiques et passionnants. A lire.