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La barbarie n'a pas tué au hasard. Elle a choisi ses cibles, les collaborateurs de Charlie Hebdo qui incarnent la liberté d'expression et les policiers qui représentent la République.

Évidemment, les fascistes religieux ne se sont pas attaqués à la concurrence, je veux dire à d'autres intégristes qui brandissent un autre texte soi-disant saint pour justifier leurs actes, à ceux qui fabriquent du bouc émissaire ethnique ou religieux pour gagner des élections et faire prospérer leur petite entreprise politicienne comme les Le Pen ou Les Dupont-Aignant.

Ou encore ceux qui, dans la presse, font des unes putassières et haineuses contre une partie de la population en raison de la religion ou de l'origine qu'elle est censée avoir, ou ceux, dans l'édition, qui écrivent des livres bien dans l'air du temps...

Dégoût en voyant que les représentants de l'extrême droite n'ont pas manqué de se poser, avec cynisme, en ardents défenseurs de la liberté d'expression alors que Charlie Hebdo les combat depuis toujours sans relâche.

Comme dans bon nombre de conflits, à l'instar du conflit israélo-palestinien, il y a une certaine solidarité inconsciente entre barbares. Les forfaits des uns contre les populations ou des individus font monter la popularité ou semble légitimer l'idéologie des autres... La haine alimente la haine, le crime perpétue le crime.

Ce qui caractérise le fasciste, le barbare, le thuriféraire de la violence, c'est sa lâcheté. Quel courage y-a-t-il de flinguer à l'arme de guerre des citoyens qui vaquent à leurs occupations professionnelles habituelles ou de poser une bombe dans un lieu public ?

La barbarie intégriste se nourrit de la misère sociale du capitalisme néolibéral et de la misère intellectuelle, comme le fascisme d'hier sur la crise sociale engendrée par le capitalisme des années 30... Elle se nourrit aussi de la politique étrangère de la France qui soutient le néo-colonialisme de l'Empire nord-américain.

En s'attaquant à Charlie Hebdo, des fous de Dieu entendent porter un coup à la liberté d'expression. Et, le pire, c'est qu'ils pourraient être aidés par ceux qui veulent les combattre avec de nouvelles lois dites antiterroristes qui pourraient aggraver les lois déjà en vigueur...

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Le pire serait que la France renforce son arsenal antiterroriste dans le genre Patriot Act par la précipitation cynique de politiciens profitant du manque de vigilance citoyenne due à l'émotion et à la passion. En son temps, après le 11 septembre, Norman Mailer, dans Pourquoi sommes-nous en guerre ?, avait exposé le danger qui se présente aujourd'hui :

« Je crois que nous sommes ici, dans l'Amérique d'aujourd'hui, face à une situation prétotalitaire (...) le fascisme ne surgira pas par le truchement d'un parti politique, ni de chemises noires ou brunes. Il y aura d'abord une restriction des libertés fondamentales. En dernière analyse, la démocratie ne fait pas bon ménage avec la sécurité. Il y aura un moment où nous, les Américains, devront être capables de dire que nous sommes prêts à faire face aux coups terroristes sans céder à la panique. Que la liberté est pour nous plus importante que la sécurité. »

A mon sens, la lutte contre l'antiterrorisme ne peut que s'intéresser à la sphère économique et financière.

Il faudrait peut-être remettre en question la liberté de circulation des marchandises ? Est-ce normal de laisser passer des containers sans en contrôler la majorité ? Les restrictions budgétaires ont considérablement réduit les effectifs des douanes, et même modifié leurs missions .

Il faudrait surtout mettre fin à l'opacité des marchés financiers et aux paradis fiscaux qui favorisent des activités économiques clandestines, notamment le trafic des armes ou de drogue, par le blanchiment de l'argent sale, et qui facilitent le financement d'activités terroristes.

S'attaquer à ces deux causes remettrait en cause la religion du Capital dans sa version néolibérale... Y-a-t-il une majorité politique au Parlement pour mener une telle politique ?

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