Cette idéologie est le néo-libéralisme, à ne pas confondre avec le libéralisme classique d'Adam Smith...

Le néo-libéralisme de Milton Friedman part du postulat que le secteur privé est supérieur au secteur public. Pour l'école de Chicago, la concurrence sans aucune entrave protège la liberté de tous : liberté du travail, liberté d'entreprendre, liberté de s'enrichir, liberté d'embaucher et de licencier, liberté dans tous les secteurs dans un cadre sauf dans les rares domaines régaliens. Le néo-libéralisme, chantre déclaré de la liberté, s'avère séduisant ...

Paradoxalement, cette idéologie de la liberté a été appliquée de force, imposée aux peuples par la terreur et le crime sur le continent américain comme au Chili, avec les conseils de Friedman et de ses Chicago boys, ou ailleurs, par le chantage à l'aide internationale exercé par les institutions internationales comme le FMI et la Banque mondiale...

Systématiquement, le néo-libéralisme s'est caractérisé par la dépossession des avoirs industriels et le pillage des richesses nationales au profit d'une minorité de personnes très aisées, la désorganisation de l'économie, la déréglementation, l'importante montée du chômage et de la pauvreté, l'aggravation sans précédent des inégalités sociales, les déficits budgétaires, l'inégalité d'accès aux soins et à l'éducation, le démantèlement d'un Etat qui devient l'allié et le principal bailleur de fonds du secteur privé...

Le néo-libéralisme aboutit à ce capitalisme du désastre qui s'impose en provoquant un choc ou en profitant d'une crise qui paralyse les peuples... Ce livre éclaire d'un jour nouveau l'occupation de l'Irak, les reconstructions du Sri-Lanka après le tsunami et de la Nouvelle-Orléans après le passage de katrina. Il montre également l'aveuglement idéologique de l'administration de Bush Junior...

Depuis une trentaine d'années, ce capitalisme du désastre qui triomphe sur tous les continents, connait ses premières remises en cause dans des pays qui furent les premiers à le subir...

Les récents gouvernements, démocratiquement élus, de pays tels que l'Argentine, le Chili, le Brésil, le Vénézuéla, la Bolivie, n'appliquent plus les recettes mortifères de l'école de Chicago et tentent de se rapproprier les richesses du pays afin de rééquilibrer l'économie et d'améliorer le sort du peuple, avec succès. C'est la seule note d'espoir qui se dégage du livre.

Un livre qui permet de regarder également l'actualité d'un autre œil...

Tiens, l'actualité est riche en ce moment !.

Que va-t-il ressortir de la crise internationale, née des subprimes ?

Jusqu'au refus hier du Trésor américain de sauver Lehman Brothers, ces derniers mois, les banques centrales ont tenté d'enrayer cette crise, en engloutissant des milliards de dollars ou d'euros pour sauver des institutions financières privées.

Tout cet argent ne contribuera pas à lutter contre la faim dans le monde, à assurer un meilleur système de santé, d'éducation, de retraites... Dans cette crise, la puissance a servi de bailleur de fonds au secteur privé... Elle lui a tellement laissé de libertés que les dégâts sont d'autant plus graves. Ne pas les sauver provoquerait une crise encore plus importante... Comme quoi, le gaspillage de l'argent public (et pas qu'un peu !) est provoqué par un secteur privé beaucoup trop libre...

Après cette crise, que vont décider les gouvernements ?

  • S'enfoncer encore dans ce néo-libéralisme sauvage, à l'instar de l'après Krach d'octobre 1978 et de l'effondrement de la bulle internet en avril 2000 ?
  • Ou, réglementer pour prévenir de telles crises en imposant un nouveau New Deal ?