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On partage ce constat mais pas son analyse qui s'appuie d'une part sur des données quasiment intemporelles (peur de la globalisation, mauvaise pédagogie), déjà valables aux temps de Mitterrand et de Chirac, et d'autre part sur des questions de formes (écarts de langage, de comportement, de posture) relevant de la stratégie.[1]

Son analyse n'interroge jamais la nature même du sarkozisme... ce qui n'est guère surprenant pour un homme de droite qui a soutenu Sarkozy.[2]

Or en 2007, voire même en 2002 avec la campagne axée sur la sécurité, la droite classique et décomplexée a tourné définitivement le dos au gaullisme, c'est-à-dire à des valeurs historiquement incompatibles avec l'extrême droite...

Le sarkozisme banalise l'idéologie frontiste de la préférence nationale qui est une sorte de mixture à base de révolution nationale réchauffée et de néo-libéralisme : dégoût de la gauche, des syndicats, du service public, de l'Etat, de l'étranger d'un coté, et mise en œuvre du programme du patronat et de L'Union européenne sous l'influence du FMI de l'autre. Ce n'est pas fortuit si d'anciens militants d'Occident et du FN se sont rangés de l'extrême droite en devenant les fers de lance de l'idéologie néo-libérale.. Certains sont ou ont été ministres de Chirac ou de Sarkozy.

En pratiquant la préférence nationale, la bande du Fouquet's a cru faire coup double [3]:

  • s'assurer pour longtemps la majorité du corps électoral en récupérant l'électorat frontiste, ce qui a parfaitement fonctionné en 2007;
  • cultiver un climat malsain en créant des sans-papiers, en expulsant les étrangers de façon spectaculaire si possible vers des destinations qui frappent l'imaginaire (pays en guerre), en instrumentant un débat bidon sur l'identité nationale pour détourner la population des véritables causes du chômage, de la montée de la délinquance, du repli identitaire, de la précarité de masse...

Du double point de vue socio-économique et de l'intérêt général, l'échec du sarkozisme est patent : l'insécurité sociale est partout ! Échec tout relatif et en trompe l'oeil puisque le sarkozisme a atteint ses objectifs néo-libéraux : casser les (beaux) restes de l'Etat providence, marchandiser toutes les activités sociales qui peuvent l'être, et réduire à une peau de chagrin la législation sociale.

Cet État providence qui limitait les effets les plus pervers du capitalisme avait quasiment réduit à néant l'extrême droite... même s'il y a eu -dans les années 50 à 80- des affaires similaires au woerthgate. La sécurité des biens et des personnes, et la délinquance ne faisaient pas non plus régulièrement l'actualité...

Dès le 2ème quinquennat de Chirac, la droite classique dominée par Sarkozy et convaincue par l'idéologie néo-libérale, a joué avec le feu en reprenant la préférence nationale du Front National pour masquer sa politique de classe : le sarkozisme est un avatar du Front National !

Aussi, il ne faut pas s'étonner alors, devant l'échec d'une telle politique et les affaires qui caractérisent la sarkozie, qu'une partie de l'électorat de droite regarde du côté d'un parti - le Front national- dont les idées ont été légitimées par l'UMP...

Il ne faut pas s'en étonner d'autant plus que les médias indépendants dominants sont particulièrement complaisants avec le Front National relooké par Marine Le Pen. On ne compte plus les articles, les unes...

Le soutien discret de ces organes de communication du patronat est une information à retenir : en cas de crise grave, le système fera le même choix que dans les années 30 pour sauver ses intérêts... Demandez à Lilianne Bettencourt.[4]