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Certes, la gauche est unie pour rejeter le projet de réforme des retraites et maintenir la retraite à 60 ans comme l'affirme Benoit Hamon, le porte-parole du PS :

« Pour l’instant il y a accord pour se battre contre la réforme du gouvernement, a-t-il expliqué, et personne ne brisera le front syndical et le front politique. » [1]

Certes, le président du Parti de gauche préfère voir le positif plutôt que le côté négatif du moment :

«je vais vous répondre aussi hypocritement que je peux le faire, nous avons décidé de faire semblant de croire qu'ils sont d'accord avec nous et nous sommes parfaitement conscients du fait que ce n'est pas le cas. » [2]

Mais derrière cette unité de façade, purement circonstancielle, se cachent de profondes divergences entre le parti socialiste et l'autre gauche, l'un approuvant les réformes Balladur- Fillon, et l'autre rejetant le principe de l'allongement de la durée des cotisations...

Abroger la réforme en cours, comme s'y engage le PS, n'est pas inutile pour les travailleurs qui ont commencé à travailler tôt et dont la carrière a été "pleine"...

Mais les autres, pourront-ils vraiment prendre leur retraite à 60 ans ?

Aucun leader du PS ne s'engage à remettre en cause la réforme Fillon de 2003 qui allonge la durée des cotisations, ni la réforme Balladur de 1995 qui a fait baisser le montant des pensions de retraites (calcul défavorable du salaire annuel moyen + indexation des pensions sur les prix).

Les conséquences sociales des réformes Balladur-Fillon sont importantes :

Le Conseil de l’Emploi, des Revenus et de la Cohésion sociale (CERC) évalue, quant à lui, la baisse du pouvoir d’achat des retraités de la fonction publique à 0,5 % par an et celle des salariés du secteur privé à 0,9 % (0,3 % pour le régime général et 0,6 % pour les retraites complémentaires). [3]

Depuis 1993, le niveau de vie des retraités est en baisse constante. En 2010, 10% des 14,5 millions de retraités perçoivent une pension inférieure au seuil de pauvreté de 910 euros, contre 5 % en 1990. Les femmes sont les premières victimes : 30 % d' entre elles doivent attendre 65 ans pour pouvoir prendre une retraite à taux plein contre 5% des hommes. [4]

L'arrivée tardive des jeunes dans la vie active et la précarité de masse empêchent d'espérer une retraite décente à taux plein à l'âge de 60 ans pour la majorité des travailleurs...

Aussi, sans l'abrogation des réformes Balladur-Fillon, la liberté de prendre une retraite décente à 60 ans est quasiment une escroquerie... [5]

Comme quoi Fillon ne raconte pas que des bêtises... D'ailleurs en 2003, le PS s'opposait à la réforme : on connait la suite camarade "socialiste" !

Notes

[1] Le Parisien - Le PS fait front pour le maintien des 60 ans

[2] AFP - Mélenchon fait "semblant de croire" que le PS est d'accord avec lui sur les retraites

[3] centpapiers : Réforme des retraites : la piste toujours inexplorée d’un autre mode de financement…

[4] L'Humanité : Réforme Balladur : la paupérisation programmée des retraités

[5] Il serait peut-être temps que le PS s'intéresse à ces 9 % de richesses qui sont passées du Travail au Capital en 20 ans et qui représentent 120 milliards d'euros par an...