Novatrice parce qu'Utopia remet en cause un certain nombre de dogmes partagés par la gauche et la droite sur la croissance économique, la consommation, le travail ou le mérite. D'où la nécessité de nouveaux indicateurs de richesses qui intègrent justement le social, la santé, l'éducation ou l'impact environnemental pour alimenter le débat public et juger avec un autre regard l'action politique.

Novatrice parce qu'elle place l'écologie à la première place : toute politique doit être pensée et entreprise en fonction de l'impact écologique d'où la remise en question du nucléaire, de l'immigration, du co-développement, de la dette des pays pauvres, ou de l'agriculture.

Utopia est fidèle à la tradition socialiste en appelant à l'élargissement des droits fondamentaux (création d'un pôle public de la santé, l'accès minimum gratuit à l’énergie, l’eau et aux télécommunications, une couverture logement et un véritable revenu minimum d'existence, le droit à l'éducation, à la culture et à l'information) et à une VIème république.

Une motion intéressante qui nous déçoit sur l'Europe (rôle prédominant des régions ?) et l'absence de toute projection dans un futur où le PS serait au pouvoir.

En fait, on regrette qu'Utopia ne réponde pas aux questions suivantes : est-il possible de mener une politique socialiste sans provoquer un grave crise politique dans une Europe dominée par l'idéologie néo-libérale ? Et si oui, en prend-on le risque ?