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Le candidat à la candidature ajoute :

«Ceux qui ont la chance d'avoir un emploi doivent pouvoir travailler deux ou trois heures de plus sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires, qui ont beaucoup coûté à l'Etat. (...) Je prône un dépassement des 35 heures, au nom même d'une augmentation des salaires, d'une augmentation du pouvoir d'achat»[1]

Valls reprend tous les arguments de la droite contre le partage du travail et donc des richesses, ainsi que toute la rhétorique sarkoziste : travailler plus pour gagner plus. Au-delà de ces idées de bon sens qui méconnaissent la réalité du travail en France et ailleurs, pour lui un travail n'est plus un droit mais une chance... quasiment un privilège... et comme il est contre les privilèges, il veut faire travailler plus... Simpliste ![2]

Aussi, comprenons-nous les cris d'indignation et les demandes d'exclusion de Valls qui viennent de la blogosphère, à défaut du PS.

Si, les propos de Valls s'inscrivent bien entendu dans le contexte des primaires [3] où chaque candidat tente créer le buzz et de séduire militants et sympathisants, ils témoignent avant tout d'une évolution générale du Parti socialiste et de la social-démocratie.

En effet, au début des années 2000 au PS, un Jean-Marie Bockel, alors chef du courant blairiste, passé depuis à droite, s'interdisait de telles déclarations en public, faute de soutiens internes. Aujourd'hui, Valls reprend sans complexe les arguments de la droite sans que les ténors du PS réagissent beaucoup...

En une décennie, le rapport de forces a évolué, le PS a ainsi suivi Valls qui préconisait dès 2008 l'allongement de la durée des cotisations pour les retraites...[4]

Le PS s'est soumis à l'idéologie dominante, pour preuves notons que les directeurs de l'OMC et du FMI, deux institutions internationales, fers de lance de l'idéologie libérale, sont dans ses rangs, que les parlementaires du PS ont approuvé la ratification du traité de Lisbonne ou le principe du contrôle budgétaire par la commission européenne [5], et qu'au parlement européen, les députés PS votent quasiment les mêmes textes que la droite.

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Par rapport aux autres dirigeants socialistes, Manuel Valls a le mérite de parler vrai et de rester cohérent ! Lui au moins n'enfume pas le débat en ayant un double langage. Il ne fait pas semblant de critiquer la politique d'austérité de Sarkozy tout en applaudissant les mesures d'austérité du FMI de DSK et la politique de Papandréou ou de Zapatero ! [6]

D'ailleurs, Valls a raison d'affirmer que le parti socialiste devrait changer de nom... Non pas comme il le dit parce le socialisme est une idée dépassée [7], mais parce que le PS n'est plus en mesure de la porter et de la faire triompher, à l'instar de toute l'internationale socialiste ! Hélas.

Pour toutes ces raisons, le seul vote utile en 2012 sera pour le candidat issu du Front de gauche !

Notes

[1] Le Point - Manuel Valls veut "déverrouiller les 35 heures"

[2] Intox 2007 - l'OCDE corrige elle aussi un mythe Sarkozyste!

[3] des pas perdus - Les primaires au PS ? Le retour de la machine à perdre !

[4] des pas perdus - Manuel Valls se rêve en Tony Blair

[5] des pas perdus - PS et Verts s'allient avec la droite pour imposer le contrôle budgétaire de l'UE !

[6] des pas perdus - la Grèce et les retraites du PS : les mots pour ne pas dire TINA...

[7] L'Express - Manuel Valls veut changer le nom du PS